SKIA, en grec ancien ombre ou trace... dont dérivent les mots scène, scénographie. Scène, lieu où l'on représente. Métaphore baroque du monde comme théâtre. Représentations, réalisations de ce microcosme qu'est l'homme. Cet espace est la scène sur laquelle on parlera de nos intérêts et on présentera nos idées et nos réalisations.



mardi 21 juin 2011

Gouache napolitaine

Eruption du Vésuve - cm. 30x40

Une lumière intense anime de réverbères ces petites figures qui peuplent les gouaches napolitaines... ce sont des figurines et des figurants, juste un peu plus que le dessin schématique de l'observateur dans une perspective.

Si un évènement exceptionnel se produit, quelqu'un doit y assister. La représentation de la scène intègre donc ses spectateurs. Il s'agit toutefois de filtrer, de réduire le caractère empirique des lieux, des évènements et des personnages pour  mettre en valeur des significations qui transcendent l'aspect purement naturaliste de l'image peinte. La schématisation ne veut pas toujours dire simplification et peut, au contraire, conduire à une amplification du sens.

Il y a, d'abord, la scène naturelle. Vue paisible de lieux idylliques et vue d'évènements tragiques et menaçants se renvoient l'une l'autre, comme dans un système de contrepoids ou une balance qui essaie de mesurer le juste poids de la vie, attirante et terrible à la fois. "Le Beau n'est que le Terrible à son début", dit Rilke dans ses Elégies duinesiennes, car tout en étant terrible, il apparaît encore calme et ne semble pas vouloir nous détruire. Rilke résume ainsi un bout du chemin de l'esthétique occidentale, de Kant aux romantiques et met en relief l'élément distance. C'est la distance qui permet de percevoir et admirer la beauté d'une scène. La distance dans l'espace ou la distance dans le temps. L'évènement est toujours sur le point de se produire, jusqu'aux abords, à la lisière de ses conséquences dramatiques, mais là s'arrêtent la vision et la représentation. La dernière chose qui est peinte, sont les figures. Leur statut et leur sort apparaissent incertains, mais elles sont encore vivantes.

Parfois elles possèdent un minimum de connotation sociale, celles qui portent un béret rouge sont des pêcheurs, d'autres portent un cylindre, ou encore un long châle et une robe noire. Le caractère des lois sociales est tout aussi impitoyable que celui des lois de la nature. Parfois, comme s'il s'agissait de figurer la description des enfers faite par Virgile, les figurines-observateurs sont réduites à des ombres à peine éclairées par le reflet incandescent de cet enfer de lave... 

Les gouaches napolitaines comme genre pictural sont assez bien délimitées et définies mais leurs implications et leurs enjeux nous amènent souvent au-delà de la simple fonction de "souvenir" de lieux féeriques ou évènements exceptionnels. Comme des petits évènements-fragments qui proviennent d'une totalité inconnue, elles nous font spectateurs de la Beauté et forcent notre admiration, par-delà la distance et la mémoire.

§§§

Una luce intensa anima di riverberi le piccole figure que popolano le gouaches napoletane... sono figurine e figuranti, appena poco più che il disegno schematico dell'osservatore in una prospettiva.

Se un avvenimento eccezionale si produce, qualcuno deve assistervi. La rappresentazione della scena integra dunque i suoi spettatori. Si tratta, tuttavia, di filtrare, di ridurre il carattere empirico dei luoghi, degli avvenimenti e dei personaggi per mettere in evidenza significati che trascendono l'aspetto puramente naturalistico dell'immagine dipinta. Schematizzazione non vuol sempre dire semplificazione e può, al contrario, condurre ad una amplificazione del senso.

Vi è, dapprima, lo scenario naturale. Veduta tranquilla di luoghi idilliaci e veduta di avvenimenti tragici e minaccianti rinviano l'una all'altra, come in un sistema di contrappesi o una bilancia che cercasse di dare il giusto peso alla vita, attraente e terribile al tempo stesso. "Il Bello non è che il Tremendo al suo inizio", scrive Rilke nelle sue Elegie duinesi, perchè nonostante sia terribile, sembra ancora calmo e non mostra di volerci distruggere. Rilke riassume così un segmento dell'estetica occidentale, da Kant ai romantici, e sottolinea l'elemento distanza. È la distanza che permette di percepire e ammirare la bellezza di una scena. Distanza nello spazio o nel tempo. L'avvenimento è sempre sul punto di prodursi, fino ai limiti, alla frontiera delle sue conseguenze drammatiche, ma lì si fermano la visione e la rappresentazione. L'ultima cosa ad essere dipinta, sono le figure. Il loro statuto e la loro sorte appaiono incerti, ma esse sono ancora in vita.

Talvolta le figurine possiedono un minimo di connotazione sociale, quelle che portano un berretto rosso sono pescatori, altre portano un cilindro, o ancora un lungo scialle e un vestito nero. Il carattere delle leggi sociali è altrettanto spietato di quello delle leggi naturali. Talvolta, come se si trattasse di figurare la descrizione dell'inferno fatta da Virgilio,  le figurine-osservatori sono ridotte ad ombre appena rischiarate dal riflesso incandescente di quell'inferno di lava...

Le gouaches napoletane come genere pittorico sono abbastanza delimitate e definite ma le loro implicazioni e la posta in gioco delle loro figurazioni ci conducono spesso al di là della semplice funzione di "souvenir" di luoghi ameni o avvenimenti eccezionali. Come piccoli avvenimenti-frammenti che provengono da una totalità sconosciuta, esse ci rendono spettatori della Bellezza e portano la nostra ammirazione oltre la distanza e la memoria.

jeudi 16 juin 2011

dimanche 5 juin 2011

Portrait d'Alexandre




 
Huile sur bois - cm. 25x30.5
Cadre Empire avec motif de perles et feuilles de laurier
Inscrit au revers avec un poème en vers alexandrin


Une phase de la réalisation

Un poème pour Alexandre


Cher enfant, fils aimé,
voici pour tes six ans
cette image brossée
en décrivant tes traits,
elle parle de notre amour.

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